Évaluons votre projet

Interview de Jean-Yves Saintot pour OXP

Publié le 24 août 2021 par Marie Ducrocq | interview

Cet article est publié sous licence CC BY-NC-SA

Début 2021 nous avons travaillé sur le projet UP d'OXP, société spécialisée dans la modélisation 3D d’objets d’intérieurs. Cet article retranscrit l’interview réalisée auprès de Jean-Yves Saintot, président et fondateur d’OXP à l’issue de la réalisation de la V1 du projet.

Pouvez-vous me présenter votre projet ?

Le logiciel Sketchup (outil de modélisation 3D) est utilisé par une majorité d’architectes pour réaliser des plans, mais il existait une vraie limite. Sur Sketchup on peut facilement monter des murs, fenêtres ou portes mais sans pouvoir personnaliser ses plans avec des meubles de dimensions et marques spécifiques.

Sketchup permet à tous ceux en ayant les capacités de modéliser dans l’outil mais sans savoir si le canapé « de placement » existe réellement, sans en connaitre le prix, ni la matière…

Un architecte peut donc se retrouver à monter un projet théoriquement cohérent mais qui ne correspondra pas entièrement aux attentes du client.

Ou alors il doit feuilleter les catalogues, aller dans les magasins, trouver (voire commander) le produit. Autant d’étapes très chronophages.

Notre idée était donc de créer une bibliothèque enrichie de produits de marques directement accessible dans l’espace de travail Sketchup.

D’autre part se posait la question de faciliter les échanges entre les architectes et les marques. Les architectes sont des prescripteurs pour les marques mais il n’existait rien sur le marché qui permette de les rassembler, pas d’espace centralisé.

Historiquement on avait des commerciaux qui rencontraient les architectes, souvent à des moments où ceux-ci n’étaient pas forcément disposés à les recevoir.

Aujourd’hui nous simplifions les échanges. On contacte les marques en leur disant qu’ils peuvent nous envoyer leurs produits et caractéristiques pour qu’on les intègre dans la bibliothèque après les avoir modélisés. Les architectes accèdent à ces catalogues de produits modélisés directement depuis Sketchup, en 1 clic.

Enfin pour faciliter la recherche de produits dans le catalogue, nous avons créé une sheepbox qui est une première mondiale et que nous avons breveté.

Une sheep-quoi ?

L’un des buts de l’architecte est d’aménager l’espace et donc de jouer avec les flux et les contraintes. Avant de parler de styles et marques ils ont souvent cette contrainte de volume disponible pour mettre un meuble. Vous n’allez par exemple pas mettre une armoire devant une fenêtre.

Aucun système ne permettait de rechercher un produit en tenant compte de ce type de contraintes. C’est ainsi qu’est née la sheepbox.

Une boite que l’on peut insérer dans le plan 3D, redimensionner et qui agit comme un filtre sur les produits. Ne ressortent que les produits qui rentrent dans la boite. On peut même définir une tolérance pour que le produit qui viendra remplacer la boite la remplisse à au moins 80% par exemple, de sorte à optimiser l’usage de l’espace.

Les architectes qui testent nous ont remonté un réel gain de temps à l’utilisation, notamment car on a combiné la recherche par dimensions aux autres filtres (prix, marque, couleur…). C’est une avancée majeure qui leur permet de rester concentrés sur l’aspect créatif de leur métier.

Qu’est ce qui vous a amené à contacter Synbioz ?

De manière générale le projet OXP s’est bâti autour d’une histoire de réseau. La rencontre avec Frédéric [Tabary associé et fondateur, ndlr] date d’il y a longtemps, presque d’une vie antérieure. Je travaillais dans le domaine de la décoration et Frédéric comme architecte. Nous nous sommes perdus de vue jusqu’à ce que l’on se retrouve et constations ensemble qu’il n’existait aucun produit permettant d’intégrer dans un modèle 3D du mobilier de marque. Il y avait donc un besoin pour nos deux univers.

J’ai ensuite été mis en contact avec Olivier et Baptiste qui nous accompagnent respectivement dans les aspects techniques et la croissance de l’entreprise.

Sur l’aspect technique c’était un bel enjeu et aussi un point de risque, car nous n’avions aucune ressource en interne. Nous avions besoin de plusieurs profils et compétences différentes d’où notre souhait d’externaliser. Olivier en qui nous avons confiance nous a mis en contact avec Martin [Catty gérant de Synbioz, ndlr].

Comment s’est déroulé le projet, son animation ?

N’ayant pas de compétences techniques en interne nous étions inquiets sur l’encadrement, la bonne compréhension de notre business par l’équipe en charge du développement et sur les délais de réalisation.

J’ai vite été rassuré sur la capacité de Synbioz à gérer le projet.

Les développeurs ont un langage particulier mais Olivier a joué le rôle de product owner et Martin de relai et d’accompagnement avec les équipes techniques. Nous avions besoin d’un prestataire en mesure de nous accompagner et nous conseiller dans les choix à faire qui font la valeur de notre produit.

Sur des budgets conséquents et sur un projet auquel on a toujours envie d’ajouter de nouvelles fonctionnalités, il faut une réelle intelligence des deux côtés pour structurer les échanges et se canaliser.

Concernant le délai, l’objectif a été atteint puisque nous avons même obtenu notre version 1 avant le délai que nous avions imaginé et ce, dans le budget prévu.

Selon vous qu’est ce qui donne son caractère innovant à Up by OXP ?

Ce qui est fait sur UP by OXP (plateforme et extension sur Sketchup) relève d’une tendance de fond, celle d’être des intermédiateurs, des facilitateurs.

Le but est de favoriser les échanges par le biais d’une solution qui centralise des éléments et données (ici les modèles 3D et données produits) qui sont ensuite diffusés à d’autres acteurs (par exemple les médias, marques, prescripteurs…).

Ce qui est novateur c’est de l’avoir adapté au secteur de l’aménagement intérieur, en apportant quelques « killer features » comme la sheepbox.

Un autre exemple est la fonctionnalité « Deal now » qui est une mise en relation directe de l’architecte avec les marques.

À chaque fois qu’un architecte intègre dans le plan un produit (chaise, canapé…, cela met à jour une fiche projet avec l’ensemble des modèles 3D utilisés, à l’image d’un devis. Une fois que le client a validé le projet, l’architecte appuie sur le bouton « Deal now » qui fait partir à toutes les marques des demandes de devis individuelles pour les produits concernés.

On a donc à la fois facilité l’amont dans la recherche et la sélection de produits adaptés ainsi que l’aval dans la mise en relation pour commander effectivement ces produits.

Comment avez-vous exploité ces idées pour en faire une expression de besoin ?

Il y a d’abord eu un gros travail de compilation de user stories en amont. Nous avons imaginé les profils d’utilisateur qui utiliseraient UP et ce qu’ils devraient pouvoir faire sur notre application. Au final, ce travail a été vertueux car on a assez peu dévié de notre ligne de départ.

Entre ce que nous avions demandé en décembre et ce qui a été délivré en juin je pense que nous sommes à 90% de ce que nous avions envisagé au départ. Nous avons très bien préparé le contenu pour éviter les zones d’interprétations. Le tout couplé à une intelligence et un savoir faire de Synbioz pour compiler et rendre tout cela possible.

Nous avions chaque semaine des points de pilotages entre Martin, Olivier et moi pour vérifier que les éléments transmis soient bien compris.

La sheepbox par exemple n’était pas prévue initialement. Cet apport, au final crucial pour nous, a pu être intégré sans que cela ne se fasse ressentir, grâce à l’agilité de Synbioz.

Nous avons également rencontré plusieurs soucis liés à Sketchup auxquels nous n’étions pas préparés. Nous y avons passé du temps mais avons su les résoudre en allant au bon niveau de détail.

Sur un projet comme celui-là je suis d’ailleurs surpris que nous n’ayons pas eu plus de soucis.

Techniquement parlant aviez-vous des prérequis ?

Sur la plateforme web nous n’avions aucun prérequis, pas de préconisation car j’avais confiance dans les choix d’Olivier et Martin. Nous leur avons donné carte blanche.

Nous voulions par contre que l’application réponde très rapidement, surtout pour les recherches, car un architecte ne peut pas se permettre d’attendre quand il est en train de travailler sur son projet.

Synbioz a pris le temps de faire un POC en amont en simulant une recherche sur des milliers de produits pour s’assurer que l’architecture qu’ils souhaitaient mettre en place était la bonne. C’était une bonne initiative car j’ai compris qu’ils avaient fait quelques optimisations sans pour autant remettre en cause les fondamentaux. Mais ne me demandez pas de rentrer dans les détails ! 🙂

Concernant l’extension nous avons été plus directifs. Frédéric savait exactement ce qu’il voulait et notre extension devait être dans la continuité de Sketchup, tant dans l’aspect que dans le fonctionnement.

Comment avez-vous vérifié vos hypothèses d’usage de l’application ?

C’est vrai que lorsqu’on monte un projet on a plein d’idées et de choses qui nous semblent évidentes. Nous avions donc prévu de faire une phase de beta test avec une quinzaine d’architectes de notre réseau pour soumettre notre projet.

On voulait des gens qui nous donneraient des avis constructifs, sans nécessairement nous dire que tout était génial et ne pas s’en servir derrière.

Au final ça s’est transformé en un beta test avec plus de 200 architectes par le biais du bouche-à-oreille. On ne s’attendait pas à ça. Ce qui est génial c’est que ces architectes ont pour la grande majorité accepté de répondre à un questionnaire qui nous a permis de confirmer nos hypothèses et affiner notre business model.

Le mot de la fin ?

Quand on porte un projet et par extension une société on a mille choses auxquelles penser. Pouvoir monter une société sur un produit technique en étant bien accompagnés sur cette partie est un élément clé. Je n’ai pas été stressé. Nous avons maintenant un lancement en production à assurer et une feuille de route bien chargée à mener avec Synbioz au 2ème semestre 2021.


L’équipe Synbioz.
Libres d’être ensemble.